Jusqu'au 28 novembre 2010, près d’une soixantaine d’artistes de l’Abitibi-Témiscamingue sont en vedette à Montréal dans le cadre d’AT@MTL, un événement spécial dans le réseau Accès culture
Soyez au rendez-vous!
Blogueuse officielle de AT@MTL:
Marie-Pierre Bouchard
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par Marie-Pierre Bouchard
L’aventure vient de prendre fin.
Pendant deux mois, j’ai eu le privilège et l’immense plaisir d’assister de près à une foule de manifestations culturelles mettant en lumière les talents de l’Abitibi-Témiscamingue - ma région natale. J’y ai fait des rencontres passionnantes. J’y ai revu des artistes que j’admire. Et j’y ai fait de fort belles découvertes, que je me suis empressée de partager via les médias sociaux.
J’ai beaucoup d’admiration pour les artistes qui choisissent de poursuivre leur travail de création en région, malgré une forte centralisation en milieu urbain, en raison des facteurs économiques et de la plus forte demande.
Par ailleurs, je crois qu’il y lieu de porter attention à cette tendance qui se dessine, celle qui semble favoriser une éclosion des manifestations artistiques en région. Que ce soit en musique, en arts visuels, en cinéma, en théâtre ou en poésie, on remarque effectivement un fort désir de faire rayonner la création régionale à partir de son point d’origine vers les grands centre, sans pour autant la dénaturer ou la déraciner. L’on n’a qu’à penser aux nombre grandissant de festivals culturels d’envergure qui émergent aux quatre coins du Québec depuis quelques années!
L’Abibiti-Témiscamingue connait un essor fulgurant en ce sens. Son Festival de cinéma attire la presse internationale et des cinéphiles de partout. Son Festival de musique émergente, dont on ne dit que du positif, vient de remporter un deuxième prix Félix. Il y a aussi le FRIMAT, puis le Festival des Guitares du monde et celui des Contes et légendes, qui ne cessent de croître et de se mériter des éloges. Il y en a d’autres. Et je pense aussi à tous ces producteurs et gestionnaires de petites salles de spectacles, qui donnent l’occasion aux artistes locaux de se produire sur scène le plus souvent possible. Ces événements, et ces efforts de diffusion, ont une incidence directe sur la population et les artistes de la région, permettant de croire qu’il y a de la place pour une culture régionale viable au Québec.
Ce qui m’a frappé au cours des Rencontres culturelle AT@MTL, c’est le bonheur qu’éprouvent artistes et producteurs de partout à échanger, à tisser des liens. Que l’Abitibi reçoive les montréalais ou que Montréal reçoive les abitibiens, le plaisir est manifeste et réciproque.
En tant que métropole et ville culturelle par excellence, Montréal se doit de laisser une place aux talents régionaux. Au cours des deux derniers mois, elle a déployé les moyens et montré sa fierté d’offrir cette vitrine exceptionnelle aux artistes de l’Abitibi-Témiscamingue, qui ont profité avec passion de l’occasion pour planter des graines dans les cœurs et les têtes des montréalais.
(Crédit photos: Ville de Montréal)
Les cinéastes qui ont participé au concours du DocuMenteur cette semaine ont prouvé qu’ils étaient à la hauteur du défi «72 heures», en déployant beaucoup de talent et d’imagination! Comme quoi les contraintes de temps sont parfois un moteur incomparable quand vient le temps de faire des miracles avec peu de ressources, les cinq équipes sont parvenues à concocter des faux documentaires bien ficelés, traités avec humour, ironie, dérision et profondeur. De plus, les acteurs non-professionnels qui y sont mit en lumière sont tous étonnants d’authenticité.
Hier, à la Maison de la culture Maisonneuve, la salle était comble et le public s’amusait ferme à coups d’éclats de rires et d’applaudissements.
Ce soir et demain, il reste encore quatre possibilité de visionner gratuitement la projection des cinq films en question, dans une maison de la culture près de chez-vous. La durée totale de la projection est de 1:30h, ce qui est bien court, compte tenu du fait qu’on y passe un moment divertissant et enrichissant. Bravo aux membres des cinq équipes, qui ont accompli un travail incroyable!
Vendredi le 19 nov. à 19h, à la Maison de la culture Marie-Uguay Vendredi le 19 nov. à 19:30h, à la Salle d’exposition de la bibliothèque Rivière-des-Prairies Samedi le 20 novembre, 16h, à la Salle de diffusion de Parc-Extension Samedi le 20 novembre, 19:30h, à la Maison de la culture de Notre-Dame-de-Grâce
Par Marie-Pierre Bouchard
Je me suis brièvement entretenue avec des membres de l’équipe 3 en ce troisième et dernier jour de création. Brièvement, car pour les cinéastes qui participent au concours du DocuMenteur, vous l’aurez deviné, chaque minute compte!
Karène Lefebvre, originaire de l’Abitibi et résidente de Montréal, en est à sa deuxième édition du concept de création de documenteur en 72 heures, et a déjà collaboré dans le passé avec Jennifer Debrecen. Astrid Barrette-Tessier, qui travaille avec elles pour la première fois, a elle aussi déjà participé à une édition du concours DocuMenteur en Abitibi, où elle demeure. Leur équipe s’est fait assigner l’arrondissement Mercier - Hochelaga-Maisonneuve samedi, lors de la soirée de lancement. Déjà, le soir même, les trois jeunes femmes se sont mises à plancher sur leur scénario jusqu’à tard dans la nuit. Le lendemain, elles s’affairaient à planifier le tournage. «Le plus difficile, c’est d’obtenir les autorisations de tournage, particulièrement un dimanche! En fait, ça relève presque de l’impossible…», confie Karène. Il leur fallait aussi dénicher des acteurs non professionnels, à même l’arrondissement. Astrid raconte: «On a été extrêmement chanceuses, on a trouvé notre acteur principal dans la rue dès la première tentative, et il collabore super bien!»
La réalisation d’un film n’est jamais (jamais!) simple, même pour un court-métrage. La planification, le tournage, le montage, toutes ces étapes sont complexes en soit. Imaginez lorsqu’on dispose de 72 heures pour y arriver! Qu’est-ce qui motive un tel défi? Comment gérer une telle pression?
Astrid explique: «Dès que le processus commence, on embarque sur une grosse dose d’adrénaline! Le plus gros défi, c’est de trouver rapidement une solution lorsqu’on se bute à un problème. C’est vraiment de l’improvisation, et c’est palpitant comme exercice!»
Chose certaine, elles travailles sans relâche depuis que le chronomètre est en marche. Elles se lèvent à l’aube et ne dorment que quelques heures par nuit, envisageant même de passer une nuit blanche à la toute fin, si nécessaire. Confiantes, elles croient que le résultat sera à la hauteur de leurs attentes. Elles ont hâte de présenter leur documenteur en grande première ce jeudi, et de visionner celui des autres équipes.
Jeudi le 18 nov. à 19:30h, à la Maison de la culture Maisonneuve Vendredi le 19 nov. à 19h, à la Maison de la culture Marie-Uguay Vendredi le 19 nov. à 19:30h, à la Salle d’exposition de la bibliothèque Rivière-des-Prairies Samedi le 20 novembre, 16h, à la Salle de diffusion de Parc-Extension Samedi le 20 novembre, 19:30h, à la Maison de la culture de Notre-Dame-de-Grâce
(photos: Émilie Parent-Bouchard)

Voici les équipes en question:
Jeudi le 18 nov. à 19:30h, à la Maison de la culture Maisonneuve
Vendredi le 19 nov. à 19h, à la Maison de la culture Marie-Uguay
Vendredi le 19 nov. à 19:30h, à la Salle d’exposition de la bibliothèque Rivière-des-Prairies
Samedi le 20 novembre, 16h, à la Salle de diffusion de Parc-Extension
Samedi le 20 novembre, 19:30h, à la Maison de la culture de Notre-Dame-de-Grâce
Samian est le premier rappeur algonquin. Il parle au nom des Premières Nations avec une efficacité redoutable. Il raconte comment l’impact de sa tribune auprès des jeunes de son peuple.
par Marie-Pierre Bouchard
Un très beau moment que ce spectacle d’Anodajay et Samian, accompagnés de DJ Horg et de deux excellentes choristes, Anik Michel et Sola. Un spectacle où les mots transpercent l’air et où le message transcende l’individualité. Le public a répondu avec enthousiasme aux artistes venus livrer leurs textes percutants.
Un moment particulièrement touchant: Samian qui parle de la langue algonquine, et des autres langues des Premières Nations, qui se perdent parce qu’elles ne jouissent d’aucune forme de protection de la part de nos gouvernements. Par ailleurs, la ferveur du discours social et politique de Samian vaut vraiment la peine qu’on s’y attarde.
Quant à Anodajay, c’est un show man humble, au regard franc, doux et limpide, qui se délecte de la sonorité rythmique des mots en créant une poésie à la fois recherchée et près des gens.
Ils sont en spectacle ce soir à la Maison de la culture Merci, et demain à la Maison de la culture Rosemont-La-Petite-Patrie. C’est gratuit: allez-y!
Voici un extrait d’un poème slammé par l’éloquente Sonia Cotten, capté lors de la Soirée Techno-Contée-Slammée de jeudi soir, à la Maison de la Culture Côte-des-Neiges. N’oubliez pas qu’il y a encore 2 occasions de voir ce spectacle où la verve est à l’honneur.
10 Lectures
Par Marie-Pierre Bouchard
Franchement, la Soirée Techno-Contée-Slammée vaut le détour. Sur une scène dépouillée, cinq poètes et conteurs nous livrent des mots de leur cru, sans masque, sans artifice, avec pour seuls véhicules leur voix et leur coeur. Des extraits audio sont maintenant disponibles sur la page d’accueil de ce blogue.
Conteurs, slammeurs et poètes abitibiens, ils parlent de l’urbanité de cette région que l’on dit éloignée mais dont le coeur ne bat pas qu’au gré des saisons de pêche et des couchers de soleils. Ils mettent leurs tripes sur les planches et racontent, avec rythme et charisme, leurs histoires devant un public attentif qui boit leurs paroles sans en manquer une seule, parce que chaque mot, chaque ligne, chaque récit captive et émeut.
Les Brûlots Parleurs, se sont Ivy (slam), Sonia Cotten (poésie slammée), Olivier Garceau-Arsenault (conte mixé sur la musique techno-house), André Lemelin (contes urbains) et François Jalbert(cinéma conté).
Il reste encore deux représentations gratuites dans le cadre d’AT@MTL:
Vendredi, le 29 octobre, 20h: Maison de la Culture Notre-Dame-de-Grâce
Samedi, le 30 octobre, 20h: Centre Henri-Lemieux

par Marie-Pierre Bouchard
Jeudi le 28 septembre aura lieu, à Montréal, la première de la série Soirée Techno-Contée-Slammée. L’instigatrice du concept, madame Nicole Garceau, animatrice culturelle à Val d’Or, est également la fondatrice du Festival des Contes et Légendes de l’Abitibi-Témiscamingue.
«J’ai mit sur pied la Soirée Techno-Contée-Slammée il y a trois ans, dans le cadre du Festival des Contes et Légendes. Mon objectif était de faire découvrir aux jeunes un type de conte moderne, moins traditionnel, plus urbain.»
Urbain? J’y ai entendu un paradoxe. L’Abitibi-Témiscamingue, lieu des grands espaces naturels et de la tranquillité, aurait donc, en son identité, une part d’urbanité?
Nicole Garceau s’empresse de me répondre: «Absolument! L’image que l’on se fait de l’Abitibi-Témiscamingue ne correspond plus à la réalité. L’effervescence y est remarquable en ce moment, particulièrement dans les villes de Rouyn et Val d’Or, et ailleurs aussi. Ça bouge énormément! Le but de la Soirée Techno-Contée-Slammée, c’est justement de mettre en lumière cette urbanité nouvelle et propre à notre région, qui est en bouillonnement, en évolution. Il faut que ça se sache.»
Les Brûlots Parleurs, ce sont cinq artistes (dont quatre sont originaires de l’Abitibi) qui jouent avec la sonorité des mots, chacun à leur façon: Ivy (slam), Sonia Cotten (poésie moderne), Olivier Garceau-Arsenault (conte mixé à la musique techno-house), André Lemelin (contes urbains) et François Jalbert (cinéma conté).
«Je vous promets une soirée riche en émotions de toutes sortes. Pour moi, le conte c’est la vie, puisque ça s’inclus dans toutes les autres formes d’art», de conclure Nicole Garceau.
28 octobre, 20h: Maison de la Culture Côte-des-Neiges
29 octobre, 20h: Maison de la Culture Notre-Dame-de-Grâce
30 octobre, 20h: Centre Henri-Lemieux
Le cinéaste Patrick Pellegrino a accompagné l’artiste graveur Roger Pelerin en pleine effervescence créatrice, alors que ce dernier travaillait à un recueil relatant l’histoire de l’Île Nepawa, sur le Lac Abitibi. Il en résulte un fort beau film de soixante-quinze minutes sans le moindre temps mort: Roger Pelerin: là où l’on s’arrête en passant.
Le parcours de l’homme est semé de moments exaltants et de périodes nébuleuses. Sa vie n’a rien de banale, même s’il vit dans la plus authentique forme de simplicité volontaire depuis plus de vingt ans. Ayant quitté Montréal pour un retour à la terre, il a choisi l’Île Nepawa, un endroit presque désert, qu’il habite depuis. «En vingt ans, je ne suis retourné à Montréal qu’une seule fois! Je suis pas mal fier de ça.»
Patrick Pellegrino, grâce à son écoute et à sa grande sensibilité, parvient à dévoiler l’âme d’un type à qui l’on s’attache sincèrement. L’artiste se révèle extrêmement touchant à plusieurs moments, notamment lorsqu’il explique, avec beaucoup de tendresse dans le regard, la gravure de la maison de ses grands-parents (illustrée de mémoire). Il évoque aussi, avec une pointe de nostalgie, l’époque où il faisait partie du fameux collectif L’Inphonie (il fut l’illustrateur du Manifeste de l’Infonie, en plus de signer le générique de certains films de son ami Raoul Duguay). Sa conjointe, l’excentrique artiste Renée Cournoyer, occupe une place importante dans le documentaire. Personnage hors-norme, elle fini aussi par nous émouvoir, par sa démarche artistique non-conventionnelle et ses efforts pour renoncer à la bouteille.
S’il a passé une bonne partie de sa vie «dans un état second», Pelerin est aujourd’hui sobre et au sommet de son art. Son recueil de gravures sur l’Île Nepawa est franchement impressionnant. Ce coin de pays reculé est d’ailleurs étonnament riche en histoire et constitue, en effet, un excellent sujet. Le Lac Abibiti était, autrefois, l’équivalent d’une autoroute qui permettait de voyager du sud du Québec jusqu’à la Baie James! Beaucoup de gens s’y sont installés, à différentes époques: des autochtones de passage et d’autres plus établis, puis les colons pour la traite de la fourrure, à la Pointe à l’Indien. Il s’en est d’ailleurs fallu de peu pour qu’on y fonde un village, mais il manquait quelques familles pour arriver au nombre nécessaire, soixante. Puis, des communautés de hippies y ont élu domicile, pour un temps. Eux aussi sont repartis, pour la plupart. Beaucoup de maisons démolies témoignent encore de cette époque récente. Maintenant, des touristes en quête d’espaces sauvages et de paradis de la pêche viennent y visiter le verger (rare en Abitibi) et l’un des derniers ponts couverts de la province.
Lorsqu’on l’invite à faire partie d’une exposition, Roger Pelerin se fait un point d’honneur d’accepter: «Ça me stimule, c’est ça qui me sort de ma coquille.» Mais l’artiste, libre, n’a pas envie de se conformer et d’expliquer sa démarche, et se sent bien en-dehors du marché de l’art. Il cite Picasso: «Je ne cherche pas, je trouve!».
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